Cet essai a été rédigé à partir d’observations concrètes sur le terrain et des critiques qui en découlent. Cette situation particulière a soulevé une question : peut-on justifier moralement le soutien des populations au Commissaire Muscadin dans ses efforts pour neutraliser les membres des gangs qui cherchent à s’infiltrer dans le Grand Sud ?
Pour répondre à cette question, il est d’abord nécessaire de comprendre en profondeur le rôle d’un commissaire de gouvernement. Cela implique également une connaissance précise de la situation géographique de Miragoâne, marquée par des défis socio-économiques et sécuritaires complexes. Enfin, il est essentiel de prendre en compte les principes moraux qui encadrent l’exercice d’une autorité légitime, surtout face aux menaces qui mettent en danger la vie et les biens des citoyens que celle-ci a pour mission de protéger. En considérant ces trois éléments, on peut mieux évaluer la légitimité et la justesse des actions du Commissaire Musacadin dans sa lutte contre les gangs et la criminalité, et comprendre pourquoi les populations lui accordent un soutien indéfectible. Tels sont les objectifs que cet article cherchera à éclaircir.
1- la fonction d’un Commissaire de Gouvernement en Haïti
Expliquer le rôle d’un Commissaire de Gouvernement en Haïti n’est pas une tâche simple et nécessite une réflexion approfondie. En se fondant uniquement sur les opinions des citoyens et des avocats, sans tenir compte des théories administratives, le rôle du Commissaire de Gouvernement peut effectivement être perçu comme ayant une dimension politique. Cette perception découle souvent des interactions entre le système judiciaire et les enjeux politiques du pays, où les décisions et actions du Commissaire peuvent sembler influencées par des considérations politiques plutôt que par des impératifs juridiques.
Le contexte politique influence certaines de ses décisions, mais en général, il est un représentant du ministère de la justice et joue un rôle clé dans le système judiciaire, notamment dans le cadre des poursuites pénales. Il exerce une autorité légale et entretient un lien direct avec le gouvernement, garantissant ainsi le respect des lois. Pour accomplir cette mission, il collabore de manière étroite avec les forces de police, s’assurant que les droits des citoyens sont respectés, notamment en ce qui concerne les conditions de détention dans les prisons.
En Haïti, le rôle de commissaire du gouvernement peut devenir très profitable, notamment lorsqu’il s’agit d’un commissaire corrompu. En peu de temps, il peut accumuler des sommes considérables en exigeant des paiements pour accélérer des affaires délicates, libérer des détenus impliqués dans des activités criminelles ou éviter de poursuivre des individus coupables de délits. Cette situation souligne les défis liés à la corruption au sein du système judiciaire.
Tant que la crise de gouvernance et l’insécurité causée par les gangs armés persisteront en Haïti, les commissaires de gouvernement continueront à agir comme des relais pour le ministre de la Justice et des politiciens influents, souvent au détriment de la population. Cette situation impacte particulièrement les paysans, qui sont fréquemment expropriés de leurs terres.
Les observateurs attentifs notent que les commissaires de gouvernement en Haïti ne restent généralement pas longtemps en poste. Plusieurs facteurs expliquent cette instabilité. Tout d’abord, si la population les dénonce, le gouvernement, par l’intermédiaire du ministre de la Justice, se sentira contraint de les renvoyer afin de préserver sa crédibilité. De plus, d’après des témoignages, ceux qui ne partagent pas leurs revenus illicites avec les parties concernées risquent également de perdre leur poste. Enfin, s’ils essaient de respecter la loi tout en ignorant les enjeux politiques du gouvernement, cela peut également entraîner leur limogeage.
En ce qui concerne le commissaire Muscadin, sa longévité en poste peut s’expliquer par le fait que la population ne s’est pas manifestée pour le dénoncer comme un corrompu tirant profit de la crise pour s’enrichir. Ce constat est important, même sans avoir entrepris d’analyses approfondies pour le comprendre. Ainsi, sa persistance à ce poste pourrait être attribuée à une crainte d’une éventuelle révolte de la part de la population.
2- Carrefour-des-Ruisseaux et Miragoâne : enjeux sécuritaires et socio-économiques
La position stratégique de Carrefour-des-Ruisseaux, ainsi que l’influence du port de Miragoâne sur les départements des Nippes, du Sud et de la Grand ’Anse, tout en tenant compte de Port-au-Prince, revêtent une importance considérable. Carrefour-des-Ruisseaux représente un passage incontournable pour accéder à ces trois départements, en suivant les routes terrestres habituelles. Une grande partie de la population du Sud Est, utilise également cette voie. En temps normal, il devient presque impossible de gérer le flux de passagers qui traverse ce carrefour chaque jour.
Une réalité que nous expérimentons chaque jour, mais qui semble échapper à l’attention de tous : l’État n’exerce aucun contrôle sur le transport public, et encore moins sur l’identité des voyageurs en provenance de Port-au-Prince, ainsi que sur les conditions de voyage des habitants. Il n’y a aucun enregistrement ni vente de billets formalisée. Les bagages des passagers ne font l’objet d’aucun enregistrement, ce qui engendre une véritable cacophonie en cas d’accidents. C’est en partie pour cela que le trafic d’armes à feu prospère si facilement. Les passagers voyagent sans aucune pièce d’identité, tandis que les chauffeurs perçoivent l’argent du trafic sans fournir de reçus, comme si cela était tout à fait normal.
Dans un contexte aussi chaotique, lorsque le Commissaire Muscadin réussit à neutraliser un membre d’un gang tentant de s’infiltrer dans le Grand Sud, il mérite véritablement les éloges de la population. La manière dont il a réussi à le démasquer reste un mystère, c’est son secret. Grâce à sa stratégie, nous bénéficions depuis quatre ans d’un certain contrôle sur la propagation de l’insécurité dans les trois départements concernés.
En quittant Carrefour-des-Ruisseaux pour pénétrer dans la ville de Miragoâne, la surprise qui nous attend est tout simplement incroyable. Nous avons choisi de nous concentrer non pas sur les conditions de vie avilissante de la population, mais sur les enjeux liés à ce port emblématique, un terme que nous n’employons pas à la légère. Un seul fait témoigne de la grandeur passée de ce port : il y avait autrefois trois consulats à Miragoâne, comme le rapporte Marie Barthelemy, décédée à un âge avancé. Elle a connu cette ville à l’époque de sa splendeur. L’écouter évoquer, souvent avec nostalgie, ce qu’était cette cité qui a vu naître Justin Lérisson et tant d’autres était un véritable délice.
La première chose qui attire le regard du visiteur est l’état d’abandon du port, où un vieux paquebot est amarré. Cette seule observation illustre parfaitement la situation de l’État dans notre pays. On exploite les ressources, qu’il s’agisse de voitures, de maisons ou de routes, sans jamais se préoccuper de leur entretien. Lorsque l’usure ou le délabrement les rendent inutilisables, on se tourne vers des solutions temporaires qui perdurent pendant des décennies.
Ce port, vieux de plus d’un siècle, est idéalement situé, avec une mer profonde qui a permis l’accostage des plus grands navires en provenance d’Europe ou d’Amérique du Nord. Il a contribué à l’enrichissement de nombreuses compagnies maritimes et de familles entières au fil des générations, tandis que l’État en tirait de grands bénéfices pour alimenter les caisses publiques de Port-au-Prince, au détriment de la communauté de Miragoâne. Cependant, personne n’a jamais pris en charge son entretien ni sa modernisation pour répondre aux exigences des navires marchands modernes.
Les autorités portuaires choisissent de rediriger les navires vers le port de la Reynold, qui est à l’abandon depuis plus de 40 ans, sans aucun entretien ni aménagement, et avec des infrastructures en très mauvais état. Les conditions d’insécurité dans lesquelles ces navires sont accueillis reflètent l’indifférence de cette administration envers la sécurité des usagers. Il est étonnant aussi de constater que les marins prennent le risque de s’y aventurer, souvent à bord de navires loués en Floride. Là encore, les autorités montrent une indifférence qui révèle leur insouciance face aux conséquences potentielles. Que les matelots se débrouillent comme ils le peuvent pourvu qu’ils repartent les poches pleines.
Lorsque l’on évoque Miragoâne en tant que lieu socio-économique stratégique, il est crucial de comprendre les raisons sous-jacentes. Les directeurs de la douane y réalisent, sans exception, des millions de gourdes par jour, au détriment des intérêts de l’État. Certains n’hésitent pas à avouer les montants qu’ils doivent remettre à leurs supérieurs chaque fin de semaine. De plus, une cohorte d’individus peu recommandables s’établit à proximité des entrepôts et des hangars. Jour et nuit, ils volent les biens des expéditeurs, dépouillant les voitures de leurs phares, de leurs rétroviseurs et même de leurs pneus. Pendant ce temps, les douaniers remplissent leurs valises, directement ou par l’intermédiaire de travailleurs à leur solde, avec les marchandises qu’ils sont censés inspecter. Non contents de leurs vols, ils imposent des taxes exorbitantes sur de vieilles voitures et camions qui n’ont que peu de valeur. Les milliers de balles de pèpè, dont une grande partie finit abandonnée parmi les déchets des marchés de Croix-des-Bossales et d’autres marchés ruraux, sont taxées selon la générosité de pauvres commerçants accablés par leurs dettes. Tandis que les plus démunis sont écrasés par les prix à payer pour des produits de première nécessité, de gros commerçants cupides, venus de Port-au-Prince, des Cayes et d’autres régions, s’en vont avec leurs containers de marchandises en toute illégalité, bénéficiant de la complicité des autorités à qui ils offriront ensuite des pots-de-vin. L’absence de régulation stricte et de contrôle équitable favorise les pratiques illégales, créant un climat propice à la délinquance et à la corruption. Dans de telles conditions, il est difficile de s’étonner de l’augmentation de la criminalité. Sans aborder les conditions de vie de la population, il est impossible d’ignorer le manque total de salubrité de la ville et du port dans leur ensemble. Cette situation traduit une fois de plus l’insouciance de l’État envers ses concitoyens.
Il est également étonnant de constater que le commissaire Muscadin n’est pas impliqué dans la corruption et d’autres trafics illicites à Miragoâne, qui pourraient pourtant générer des revenus considérables. Cette absence soulève des questions concernant sa vision du pouvoir et sa relation avec les réseaux d’influence existants. Dans un environnement où l’impunité est omniprésente et où les opportunités de profit sont nombreuses, il serait logique de penser qu’une figure comme celle du commissaire, reconnue pour son autorité et son influence, serait impliquée. Cela met en lumière la nécessité d’examiner de manière approfondie les mécanismes qui régissent ces pratiques et les acteurs qui en tirent profit.
3- Les principes moraux qui guident l’exercice d’une autorité légitime sont-ils suffisants pour réguler le comportement d’un commissaire du gouvernement face aux menaces des gangs armés, qui mettent en péril les biens et la vie des citoyens qu’il est chargé de protéger ?
Aborder la notion de morale dans le contexte actuel d’Haïti semble anachronique. Le mal est omniprésent, marqué par une exploitation généralisée, une criminalité banalisée et une perversion des mœurs largement tolérée. Le vol et le détournement des biens d’autrui sont souvent perçus non pas comme des actes répréhensibles, mais comme des opportunités d’affaires. Cette acceptation du vice soulève de nombreuses questions sur les valeurs qui dominent notre société depuis plus d’un demi-siècle. Comment peut-on espérer bâtir une communauté juste et équitable lorsque des comportements délictueux sont valorisés et acceptés ? Il est impératif de réévaluer nos principes éthiques et d’explorer des solutions pour restaurer un véritable sens de la justice et de l’intégrité. Ce qui rend la situation encore plus préoccupante, c’est que des autorités publiques à tous les niveaux sont souvent impliquées dans des actions illicites et préjudiciables, sans qu’aucune instance ne soit là pour les mettre en cause.
Le risque qui pèse à la fois sur les autorités judiciaires et policières ainsi que sur les citoyens ordinaires est celui de l’émergence de comportements analogues à ceux des gangs mafieux et des terroristes. Cela signifierait recourir à la violence sans aucune réflexion préalable. Dans un tel contexte, il est essentiel de rappeler aux autorités légitimes que ces principes ne sont pas de simples idéaux, mais qu’ils constituent les fondements d’une société juste et équitable. Les respecter renforce leur légitimité. Les ignorer, même dans le cadre de la lutte contre la criminalité, peut entraîner des abus de pouvoir, des violations des droits humains et une érosion de la confiance entre les citoyens et les autorités.
Partout ailleurs, chaque fois que des actions immorales et arbitraires ont été légitimées au nom de la sécurité, un cycle de violence et de méfiance s’est instauré, nuisant finalement à la sécurité elle-même. La véritable force d’une autorité légitime réside dans sa capacité à agir avec intégrité, à promouvoir la justice et à inspirer la confiance, plutôt que de céder à la tentation de méthodes répressives qui risquent de compromettre ces valeurs fondamentales. Il est indéniable que la mise en œuvre de mesures de sécurité ordinaires devient particulièrement complexe dans un contexte aussi exceptionnel que celui dans lequel Haïti est actuellement plongée.
C’est pourquoi il est essentiel que les autorités, quelle que soit leur nature et à tous les échelons du pouvoir, veillent à ce que les initiatives visant à combattre le crime organisé ou le terrorisme ne conduisent pas à des abus. Les actions entreprises pour lutter contre les gangs et les terroristes doivent bénéficier du soutien de la population afin de préserver la légitimité de l’autorité. La transparence dans le processus décisionnel et la gestion des opérations de sécurité est cruciale pour instaurer et maintenir la confiance du public. Les autorités doivent être pleinement conscientes des conséquences à long terme de leurs actions, tant sur la sécurité que sur la cohésion sociale. En effet, des mesures répressives mal conçues ou appliquées sans discernement peuvent exacerber les tensions et miner la confiance entre la population et les forces de l’ordre, rendant ainsi la situation encore plus difficile à gérer. Il est donc indispensable d’adopter une approche équilibrée et réfléchie, qui prenne en compte les réalités sociales, la sécurité des familles et des plus vulnérables, ainsi que les besoins de la communauté.
Un commissaire du gouvernement qui ignore les principes moraux devant orienter son action peut effectivement susciter des ressentiments et entraîner un rejet de l’autorité parmi la population. C’est exactement ce qui s’est produit dans le cas du Commissaire X, où les critiques formulées par les habitants de la ville des Cayes mettent en lumière une perte de confiance envers ses méthodes d’intervention, jugées incontrôlables et même litigieuses. Selon des rapports médiatiques, il semblerait que cette autorité utilise sa position pour régler des affaires personnelles, en prétendant mener des opérations contre des gangs.
De tels agissements, s’ils s’avèrent fondés, compromettraient non seulement l’intégrité des actions entreprises, mais nourriraient également un sentiment d’injustice parmi les citoyens. La confusion entre la mission de protection et des intérêts personnels peut renforcer l’idée que les autorités ne sont pas là pour servir l’intérêt général, mais plutôt pour défendre leurs propres intérêts.
Pour restaurer la confiance, il est crucial que les ministères concernés adoptent des mesures claires visant à assurer la transparence et la responsabilité des actions de sécurité. Cela pourrait inclure des enquêtes sur les comportements inappropriés des concernés, des formations sur le respect des droits humains, ainsi que des initiatives pour impliquer la communauté dans des dialogues constructifs.
En résumé, bien que la lutte contre les gangs et le terrorisme nécessite des actions fermes, il est impératif que celles-ci soient mises en œuvre dans le respect des principes moraux et des droits de l’homme. Le défi réside dans la capacité des autorités à équilibrer la sécurité publique avec le respect des valeurs éthiques fondamentales.
Sans détour, abordons maintenant la question qui nous préoccupe : avons-nous suffisamment d’éléments pour incriminer le Commissaire Muscasin pour des manquements à l’éthique professionnelle ? Pour déterminer si nous avons suffisamment d’éléments pour accuser le Commissaire Muscasin de fautes d’éthique professionnelle, il est essentiel d’examiner les preuves et les faits disponibles. Cela peut inclure des témoignages de la communauté, des rapports d’enquête, des documents officiels et toute autre information pertinente concernant ses actions et décisions.
Il est également essentiel de prendre en compte le contexte dans lequel ces actions ont été réalisées. Si des preuves tangibles indiquent qu’il a agi en contradiction avec les prérogatives de commissaire de gouvernement, cela pourrait fournir des motifs suffisants pour s’interroger sur les raisons pour lesquelles la population lui témoigne encore sa confiance de manière aussi manifeste.
En conclusion de ce troisième point concernant les principes moraux qui régissent l’exercice d’une autorité légitime, il est crucial de procéder à une analyse approfondie des faits et des preuves afin de répondre à cette question de manière éclairée. Cela soulève des interrogations sur la condamnation hâtive prononcée par certains organismes internationaux et des politiciens locaux.
En guise de conclusion générale, nous estimons qu’il est particulièrement complexe d’aborder la question de l’éthique professionnelle dans le contexte actuel d’Haïti. Il est tout aussi évident que les ignorer entraînerait des conséquences encore plus désastreuses pour le pays. Ainsi, il est crucial que les autorités s’efforcent en permanence de trouver un équilibre entre l’excès et le respect de la personne, afin de permettre à Haïti de sortir de son impasse et de rétablir l’état de droit.
Un autre aspect crucial, qui a retenu notre attention et qui influence souvent les décisions des gouvernements, est la réaction de la population face aux actions d’une autorité locale. Dans le cas que nous avons analysé, l’autorité en question bénéficie, jusqu’à preuve du contraire, de l’appui du public, ce qui lui confère une certaine légitimité. D’où l’importance de ne pas pousser nos critiques à l’extrême, car cela risquerait de condamner une population qui a désespérément besoin de protection dans une crise d’insécurité aussi grave.
Yvan MUSEAU
Ancien vicaire général du diocèse de l’Anse-à-Veau et Miragoâne
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