L’éthique comme boussole dans une société de malheur et d’espoir.  

 Résumé

L’éthique comme outil d’orientation est un repère qui guide la conduite des individus. Dans l’arène sociale et politique haïtienne, le comportement non-éthique des acteurs touche la démocratie et la vie exemplaire dans ses fondements. L’annonce d’un cas de corruption, la connaissance de cas de crimes contre la nature humaine est devenue banale. L’analyse du rôle de l’éthique dans ce contexte de malheur conditionne la mobilisation de la société dans son ensemble, en quête d’espoir. Il est urgent d’élaborer des réponses pertinentes face à des pratiques politiques et sociales dégradantes. La réflexion éthique est convoquée là où les réalités immédiates en appellent à des choix justes. Comment aider en particulier chaque citoyen à équilibrer les principes et les intérêts, les moyens et les finalités ? Et surtout, comment éduquer les nouvelles générations à une citoyenneté responsable, bienveillante et vertueuse ?      

1- La nécessaire valorisation de l’éthique.

« La malveillance des méchants est renforcée par la faiblesse des vertueux. »

Winston Churchill

La société haïtienne prend l’eau sous l’effet d’une dégradation certaine qui aliène le quotidien et l’avenir des générations futures. Comment sortir de ce labyrinthe de comportements irrationnels ? Qu’est-ce qui peut nous aider à sortir de cette situation endémique, pesante pour nous et surtout pour nos enfants ? Ce fardeau est certes le produit de plusieurs décennies de mauvais choix, du cynisme de gouvernements qui, depuis le milieu des années 1980, ont installé un processus de dégradation totale mais devenue visiblement irréversibles !

Cet article veut mettre en évidence la nécessité du recours à l’éthique pour nous ressaisir, pour inverser la tendance en créant une dynamique qui revisite notre trajectoire de peuple et notre manière de coexister pour faire société. Confrontés à la terreur écrasante qui pèse sur la démocratie, sur la vie, j’ai la conviction que nous saurons collectivement être à la hauteur pour nous réinventer. Pour cela, il faudra puiser au fond de nos valeurs pour faire émerger des ressources indispensables au dépassement : parmi lesquelles, les ressources éthiques.

2- Qu’est-ce que l’éthique[i] ?

Si la réflexion éthique s’est développée de tous temps et puise nombre de ses fondements dans la philosophie grecque de l’Antiquité[ii], on assiste aujourd’hui à un intérêt fondamental renouvelé pour cette discipline[iii]. Ce regain d’intérêt est au cœur de la réflexion des scientifiques souhaitant développer leurs recherches de manière éthique et intègre. Il est aussi au cœur de la réflexion entrepreneuriale où l’éthique devient à juste titre, un argument de compétitivité. Il est également un point crucial dans la gestion de la cité où il demande au politique de se ré-interroger sur les hiérarchies de valeurs que mettent en jeu leurs décisions. Il est enfin au cœur même de la réflexion fondamentale de chaque personne et par conséquent, une composante qui devrait être essentielle pour la formation initiale tout au long de la vie.

Si l’on s’en tient à l’étymologie, ce terme est synonyme de morale. On sait en effet que les auteurs latins, à commencer par Cicéron, se sont servis de l’adjectif moralis pour traduire du grec ethikhos[iv], jusqu’à ce que Hegel au XIXe utilise les termes dans des sens différents[v]. Dans la pratique ordinaire du langage, le terme éthique est souvent utilisé en tant qu’adjectif pour qualifier une conduite respectueuse des valeurs communément admises, telles que solidarité, justice ou honnêteté. En ce sens, l’éthique ne se distingue pas vraiment de la morale. On qualifie d’« éthique » la conduite qui s’accorde avec les normes sociales, du moins celles d’entre ces normes qui s’imposent sous forme d’interdits structurels (ne pas tuer, ne pas violenter, ne pas voler, ne pas trahir ses promesses…).

Employé comme substantif, le mot « éthique » ne recouvre pas exactement le même sens que le terme « morale ». L’éthique qualifie alors la démarche de réflexion – individuelle ou collégiale – suscitée par une situation moralement complexe. Une réflexion éthique s’amorce en notre esprit lorsqu’il nous semble qu’en voulant concrétiser une valeur, nous nous trouvons contraints de devoir renoncer à une autre. La réflexion éthique consiste à se demander laquelle de ces valeurs doit prédominer ou s’il est possible de les hiérarchiser pour n’en sacrifier aucune. L’Éthique est donc une reprise réflexive de nos devoirs moraux spontanés. Elle relève d’un questionnement sans cesse renouvelé, faisant appel à notre esprit critique et à notre capacité de discernement entre des valeurs en tension. Cette morale de l’action, cette façon correcte d’agir associée à des valeurs, nous fait dire, en reprenant le titre du livre d’Axel Kahn[v]que l’éthique est une boussole

3- L’éthique comme boussole ?                                                                                                                       

Le dictionnaire le Petit Robert illustre le mot boussole comme point de repère à suivre même si l’on perd notre point de destination des yeux. Perdre la boussole c’est, poursuit le Petit Robert, être troublé, affolé, déboussolé.

Une boussole est donc un outil précieux, il nous évite de nous perdre. C’est un outil d’orientation qui nous permet de garder le cap, c’est dans notre perspective, un repère moral qui guide la conduite. Le contrepied se retrouve dans l’expression « perdre la boussole ». Expression populaire qui au sens figuré exprime le fait que l’on perd de vue le bon chemin, la raison. L’idée de la boussole est de nous rappeler de garder le cap, celui de l’éthique au regard de l’humain exposé aux complexités de l’existence.

La société haïtienne se retrouve face à un moment charnière de sa trajectoire alors que beaucoup s’engagent dans un processus de restructuration des fondations. Les prochains mois seront donc décisifs pour comprendre la direction exacte que prendra Haïti. Sans une boussole commune qui nous guidera pour traverser cette crise, nous nous perdrons tous dans le brouillard qu’elle provoque.

L’éthique, parce qu’elle pose les principes, identifie les enjeux et met à plat les argumentations, est une précieuse boussole. Mais une boussole en perpétuelle remise en question tant les enjeux qu’elle affronte présentent de multiples visages. Elle demeure une boussole indispensable pour refonder la société haïtienne. Elle aide à définir le cadre pour se repérer à la fois dans les problèmes de court et de moyen termes révélés notamment par la crise actuelle. Face à la vulnérabilité écologique, face aux détresses qui affectent l’ensemble des citoyens dans sa dignité et démuni des recours nécessaires, face à l’absence d’un projet de société cohérent, l’éthique comme boussole permet une vision collective d’un avenir souhaitable et possible. L’éthique comme boussole renforce la démarche de questionnement en mettant par exemple en évidence les enjeux de la dignité humaine. Le cap de la « primauté de l’être humain » comme personne et comme corps social, constitue un repère fondamental auquel devrait être ramené l’ensemble des réflexions, des projets et des décisions politiques à venir dans un contexte, pour reprendre les mots d’Emmanuel HIRSH où cumulent simultanément les incertitudes et les défis. Il est indispensable que puissent se poser les enjeux existentiels qui permettent à la société haïtienne de comprendre ce qui se joue de vital dans l’urgence actuelle. Confrontés à la complexité, il nous faut élaborer, par la médiation d’une approche cohérente et éthiquement satisfaisante, les repères pour agir dans les réalités concrètes. Tel est le défi de l’éthique de notre temps, et il est urgent.

Il est urgent ! En général, quand il est urgent c’est déjà trop tard. La logique de l’urgence déstructure notre relation au temps de la réflexion, de la planification et de la prévention, en le subordonnant au moment présent. En l’absence d’anticipation, nous serions acculés à gérer les urgences, ne disposant guère de marge de manœuvre puisque nous serions complètement contraints par les évènements. L’éthique comme boussole réhabilite le comportement vertueux et l’exigence de l’anticipation en évitant de prendre prétexte de l’incertitude pour ne rien faire, en évitant d’agir aussi sans responsabilité vis-à-vis des générations futures.

4- La valorisation de l’éthique des vertus

« La vertu est de deux sortes, la vertu intellectuelle et la vertu morale. La vertu intellectuelle dépend dans une large mesure de l’enseignement reçu, aussi bien pour sa production que pour son accroissement ; aussi a-t-elle besoin d’expérience et de temps. La vertu morale, au contraire, est le produit de l’habitude ».

 Aristote, Éthique à Nicomaque, II, 1, trad, J. Tricot (1959), Vrin, 1990.

L’éthique s’intéresse au jugement qui commande l’action. Identifier l’éthique comme boussole pour une société qui s’enfonce dans une spirale de désordre et de violence, c’est inverser une dynamique malfaisante qui érode jour après jour la cohésion nationale par l’identification des valeurs et des principes d’action qui vont guider chaque citoyen dans leur engagement et l’exercice de leur responsabilité. Cela implique avant tout, un changement profond d’état d’esprit, ainsi qu’une détermination morale qui prendra par exemple la forme d’une revalorisation de l’éthique des vertus. Vertu comme disposition intérieure et durable à faire le bien. Elle nous permet d’affronter le vice. Le vice, c’est une disposition habituelle à faire le mal. Quelqu’un de vicieux, c’est quelqu’un qui est tout le temps méchant. La vertu au contraire est une disposition intérieure, une qualité morale essentielle pour atteindre en société, une sagesse à la fois individuelle et collective, bref elle rend la société meilleure. C’est donc une capacité qui s’éprouve aux actes, ce n’est pas une force surnaturelle c’est avant tout un travail contre la perversité, contre le pire, contre ce qui peut devenir un vice. Parmi les douze vertus que le philosophe Carlo OSSOLA traite dans son ouvrage, Les vertus communes[vi], j’en retiens quelques-unes qui constituent, à mes yeux, les plus essentielles pour faire preuve d’un minimum éthique dans nos comportements de tous les jours. Je ne m’arrête pas pour l’instant sur les grandes vertus héroïques et politiques qui demandent de l’abnégation comme la justice, l’équité, l’intégrité…, j’y reviendrai, mais sur les vertus qui concernent notre vie quotidienne et qui redonnent vie aux gestes oubliés qui rendent la vie en société harmonieuse : contre la violence et la brutalité des rapports humains une écoute délicate, une manière de parler avec respect, une bienveillance teintée d’indulgence, une affabilité qui nous permet de mesurer notre parole, une attention à la discrétion pour mieux distinguer les choses et faire le bon choix, pour mieux exercer notre liberté.

Cette attention à ce que nos gestes, nos paroles, nos attitudes contribuent à affiner nos mœurs, s’appelle la civilité et fait partie de l’urbanité. L’urbanité c’est la vertu qui consiste à habiter la même ville, le même lieu et d’avoir des obligations communes qui viennent du fait qu’on partage le lieu commun. Il convient donc de donner aux enfants, dès leur plus jeune âge, des repères vertueux de « savoir-vivre » et de « savoir-être » qui leur permettent de cohabiter, de subsister avec les autres, « principalement de ceux qui n’ont pas de raison de les aimer », comme le souligne Montaigne dans ses Essais (Livre I, XXVI). Quelle implication en politique ?

5- Implication de l’éthique en politique

La relation entre éthique et politique est essentielle pour permettre une coexistence harmonieuse dans une société démocratique.

« Depuis Platon et Aristote, la vertu des gouvernements est un enjeu essentiel : la politique doit gérer les conflits et respecter des règles éthiques. Dans nos sociétés démocratiques, elle ne dicte pas une morale unique, mais définit des principes communs pour permettre la coexistence des valeurs individuelles ». Frédéric Worms

Dans son ouvrage Projet de paix perpétuel[vii], Kant souligne l’importance de rendre la pratique politique éthique. Par pratique politique éthique Kant entend le politicien qui, dans son action, se conforme rigoureusement aux principes moraux. Ainsi Kant entend par principes moraux un ensemble de normes juridiques et éthiques qui orientent l’agir politique. Pour rendre les politiciens moraux, il faut les obliger au fond, à expliciter leur comportement comme gouvernants c’est-à-dire à un devoir de dire publiquement en vertu de quoi ils agissent. Ici nous touchons à la distinction établie par Max Weber[viii], entre l’éthique de conviction et l’éthique de responsabilité qui se complètent l’une-l’autre et constituent ensemble l’homme authentique, c’est-à-dire l’homme qui peut prétendre à la vocation politique.

 En politique les conséquences des décisions prises relèvent d’une appréciation éthique. Cette approche se réfère ainsi à une éthique dite conséquentialiste. Ainsi on peut privilégier les décisions qui ont pour conséquence de sauvegarder la dignité des personnes, la dignité politique et sociale, pour reprendre l’expression utilisée par Aduel JOACHIN dans son article « Oser pour espérer », ou d’améliorer les conditions d’exercice de leur citoyenneté.

 Il s’agit par exemple d’examiner dans le contexte haïtien, non pas simplement les bonnes intentions des dirigeants, mais ce que les décisions politiques prises, induisent ou produisent en termes de justice, d’équité, d’intégrité, du mieux-être et du bien-être de la population.

On peut constater dans le cas des choix politiques que le refus de toute considération éthique entraine systématiquement une crise. Il apparaît dès lors nécessaire que les citoyens puissent légitimement questionner le bien-fondé éthique des promesses, des engagements et des choix politiques. Le défi éthique qui se pose à un gouvernement, aux parlementaires, aux maires, aux juristes, aux partis politiques…, est d’incarner les valeurs de leur discours et les grands principes moraux qui les animent, c’est une question de cohérence. Aduel Joachin en parle comme une « capacité de maintenir un rapport sain entre ce que vous professez et ce que vous faites »[ix]. A défaut de cette cohérence éthique entre discours et pratique, l’État haïtien perd sa crédibilité, sa légitimité, et finalement la confiance de ses citoyens. L’éthique consiste alors à permettre la mise en cohérence du discours avec la pratique. Cela nous rapproche de l’essence de l’éthique. Un comportement non éthique commence lorsque je renonce à mon identité, à ma conscience lorsque que je n’agis plus conformément à la mission qui m’a été confiée dans la société. Lorsqu’en tant que ministre (mot du latin qui veut dire serviteur) ou en tant que civil servant, je ne suis plus au service de la communauté, mais au service de moi-même et de mon entourage immédiat, mes actes ne peuvent plus être considérés comme éthiques. Le clientélisme est donc un renoncement aux devoirs de base de l’homme politique, religieux ou du civil servant. Voilà pourquoi il est important de clarifier en quels termes l’éthique en politique doit être pensée.

6- Le souci du bien commun

Dans le champ politique, l’éthique est donc une question d’intégrité et d’exemplarité morale des responsables. Il s’agit de rappeler que l’éthique est fondamentalement au service du bien commun. Par bien commun on entend d’abord la chose publique mais aussi le cadre d’une bonne gouvernance. Il n’y a pas d’éthique politique sans ce service rendu à ce qui confère au peuple sa réalité, à ce qui permet l’unité des citoyens. Ainsi, confronté à la complexité, le souci du bien commun exige d’élaborer, par la médiation d’une approche cohérente et éthiquement satisfaisante, les repères indispensables à la détermination de décisions qui témoignent une volonté d’agir selon le bien. Il est donc évidant qu’agir pour le bien commun concerne chaque Haïtien car c’est la seule façon d’atteindre l’épanouissement personnel et c’est en visant le bien commun que nous pouvons organiser au mieux notre vie au sein des communautés auxquelles nous appartenons. 

Il y a un deuxième bien sans lequel aucun peuple ne pourrait être un peuple et ce bien n’est autre que la justice. La justice est donc un bien commun qui confère à tout peule son unité en tant qu’elle est respect de la loi, sens de l’équité et l’incorruptibilité. L’éthique politique contient la double exigence du respect de la loi et de la morale. Le responsable politique exemplaire est non seulement intègre, il respecte la loi, mais il exerce aussi une vertu publique complète en faisant un usage moral juste et équitable.

7- Les valeurs clés de la justice

La justice vue à la suite de John Rawls[x] comme équité mérite d’être approchée dans la complexité de la réalité haïtienne.

  • Affirmation de la même règle pour tous (égalité)
  • Liberté et responsabilité (autonomie)
  • Protection envers les menaces et la loi du plus fort (sécurité-paix)
  • Justice envers les générations futures (durabilité)
  • Justice envers les groupes et les régions dépourvus (solidarité).

L’expérience montre que dans de nombreuses sociétés et États, la négligence de l’une de ces valeurs clés constitue un risque de crise interne et de déstabilisation. Viser une cohérence dans le traitement de ces valeurs constitue un enjeu politique important. La démarche éthique est ainsi prônée comme une invitation à réduire les risques de négligences politiques. L’éthique s’avère être une boussole pour aider les pouvoirs publics à contribuer à la construction progressive d’une meilleure société en termes de justice. Or le rôle de la justice c’est de préserver la vie en société, afin que les citoyens puissent vivre harmonieusement. A ce titre, l’éthique s’incarne comme lieu de vigilance qui rappelle à la justice ces quatre missions hautement fondamentales :

  • Protéger les plus vulnérables ;
  • Juger les conflits ;
  • Sanctionner les comportements interdits ;
  • Rendre justice et accompagner les victimes ;

La réflexion éthique devient dès lors un vecteur de confiance dans la justice comme visée. La confiance se gagne, se suscite, se construit et se partage

 8- Dans le champ écologique[xi]

 L’éthique nous donne de réfléchir sur la relation que nous avons avec l’environnement, une relation qui n’est pas simplement technique mais qui est aussi morale. Ce qui implique que nous avons des devoirs vis-à-vis de la nature et des entités qui la composent. Cette réflexion éthique s’enracine dans l’idée qu’il est inconcevable qu’une relation à l’environnement puisse exister sans respect, sans responsabilité, sans protection et sans grande considération pour sa valeur intrinsèque. Il faudra définir pour l’écologie haïtienne des repères qui puissent guider les actions des citoyens dans la nature pour mieux appréhender la vulnérabilité de l’environnement et préserver la beauté, et la stabilité de l’écosystème haïtien. Il y a donc à penser une éthique du respect et une éthique de responsabilité écologique. Et cela se jouera essentiellement sur le terrain de l’éducation.

9- Conclusion :

Cette contribution est bien trop brève et limitée pour faire, même partiellement, le tour de la question. Par cette proposition de l’éthique comme boussole, je voulais donner cet itinéraire qui questionne, qui fait naître et qui alimente le débat. Plutôt que d’envisager l’éthique simplement comme une activité orientée sur l’apprentissage des principes fournissant des recettes toutes faites pour la résolution de problèmes politiques, écologiques, sociaux…, il importe de l’approcher surtout comme une boussole qui permet d’élaborer des réflexions, de favoriser et de repenser les engagements. Face à la complexité, la vulnérabilité, le malheur et l’espoir, l’éthique est notre meilleur outil. C’est notre questionnement intérieur et vertueux pour agir de manière responsable visant le bien personnel et le bien commun. Ainsi, nous l’avons compris, l’éthique comme boussole ne relève pas d’un chemin abstrait mais une pratique, une voie de sagesse, une force d’ajustement dans une société de malheur en quête d’espoir. Mais aussi une aptitude à défendre ce qui est juste, pour se protéger, protéger sa famille, son environnement, l’avenir face à la menace.

Steevenson MONTINARD
Professeur de Bioéthique

[i]Nous suivons ici l’approche du philosophe contemporain Pierre Le COZ, L’éthique médicale Approche philosophie, Marseille, Presses Universitaires de Provence, 2018, p. 11-12.

[ii] C’est de la Grèce Antique que nous vient le concept éthique : êthikos (morale) et est dérivé de êthos qui signifie mœurs ; l’éthique serait donc la morale des mœurs.

[iii] Cf. Steevenson MONTINARD, « Comprendre la Bioéthique aujourd’hui », https://espace-ethique-haiti.org/comprendre-la-bioethique-aujourdhui/  

[iv Cicéron Traité du destin, trad. Albert Yon, Paris, Les Belles Lettres, 1997 (1933), I.1.

[v] Friedrich HEGEL, Principes de la philosophie, du Droit ou droit naturel et science de l’État en abrégé, trad. De R. Derathé, Paris, Vrin, 1998.

[vi] Axel KAHN, L’éthique est une boussole, en chemin vers une vie bonne, Marabout, 2022.

[vii] Carlo OSSOLA, Les vertus communes, Paris, édition de Belles Lettres, 2019.

[viii]Cf. Emmanuel KANT, Projet de paix perpétuel, 1795.

[ix] Max WEBER, Le Savant et le Politique, 1919, Paris, Plon, Coll.10/18, 1963.

[x] Aduel JOACHIN, « Oser pour espérer », https://espace-ethique-haiti.org/troisieme-conference-oser-pour-esperer/

[xi]John RAWLS, La théorie de la justice, trad. Catherine Audard, Paris, Seuil, 1987.

[xii]L’écologie est une science qui peut être définie comme l’étude des relations des organismes vivant ou non avec leur environnement. Elle couvre donc un large champ, de la physiologie à la biogéographie et s’intéresse à des processus agissant à toutes échelles, de la plus petite (la molécule) à la plus vaste (la biosphère). Cf : Claire TIRARD. Luc ABBADIE. Nicolas LOEUILLE, Introduction à l’écologie, Malakoff, Dunod, 2021.

Une réflexion sur « L’éthique comme boussole dans une société de malheur et d’espoir.   »
  1. Merci pour cet article qui, comme tant d’autres, témoigne votre intérêt de voir une Haïti meilleure.
    J’ai toujours le plaisir de dire que ces propositions sont des nouvelles voies de sortie de crise, comme vous le dites il est urgent de trouver une issue et malheureusement《En général, quand il est urgent c’est déjà trop tard》. Que ce trop ne soit pas un signe de désespoir mais un vrai argument de compétitivité (Éthique).

    Merci professeur pour les nouvelles approches définitionnelles de l’Etique, de la différence entre Éthique et Morale et surtout pour cette nouvelle proposition de prendre l’Etique comme une boussole pour sauver Haïti.

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